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Extraits du Discours de Monsieur Gilbert ROLOS Imprimer
Publiée le 22/01/2004

Extraits du Discours de Monsieur Gilbert ROLOS
Maire de Sallaumines
Conseiller Régional
Vice Président de la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin
Président de la Mission Bassin Minier
Vice Président de l’Epinorpa

« .......Le tableau que vient de dresser Monsieur Jean-Marie NANSION au nom des associations caritatives de notre commune en dit long sur les situations difficiles, parfois désespérantes, que connaissent beaucoup de familles sallauminoises.

Comment pourrait-il en être autrement quand on sait qu’un adulte sur trois en âge de travailler est privé aujourd’hui d’emploi, que nous battons des records en matière de personnes, de familles qui ne vivent, je devrais dire ne survivent que de l’assistanat, des minima sociaux et des allocations diverses...

Et vous devez bien vous dire que ces problèmes que connaît notre population sont les mêmes que rencontre notre municipalité.

Nous sommes de plus en plus tributaires des subventions de l’Etat et des collectivités territoriales pour l’établissement de notre budget.

Quoi de plus évident quand on sait que le potentiel fiscal et le revenu moyen des ménages sont parmi les plus faibles de France. Une étude menée au niveau national nous place parmi les dix communes de notre strate les plus pauvres de France. Plus de 70% des ménages sallauminois ne sont pas assujettis à l’impôt sur le revenu, presque autant sont exonérés de la taxe d’habitation.

Je vous laisse imaginer les difficultés que connaît l’administration communale pour faire face aux besoins énormes de notre population, qui a néanmoins le droit de vivre dans des conditions de décence et de confort acceptables.

Mais malgré tous les efforts que nous faisons pour améliorer la vie de nos concitoyens, je suis d’un optimisme très raisonné et je ne peux pas dire, bien que ce soit notre souhait le plus cher et notre combat quotidien, qu’il « fait bon vivre à Sallaumines ».

Certes, le Conseil Municipal et moi-même, comprenons l’impatience des habitants, et des associations à obtenir telle aide, tel logement, tel équipement supplémentaire... mais comment faire ?

La ménagère la plus économe, la mieux organisée, ne peut consacrer plus de 100€ à sa famille, à ses enfants, à ses équipements ménagers, quand elle n’a que 100€ dans son porte-monnaie.

La décentralisation a transféré aux communes un grand nombre de compétences nouvelles sans leur transférer les moyens nécessaires à les assumer et j’ai les plus grandes craintes à propos des nouveaux transferts qui s’annoncent. Notre région, et particulièrement nos villes du bassin minier ont droit à la reconnaissance et au soutien de la nation.

Bon nombre d’entre-vous, présents, ici ce jour, ont participé, souvent au détriment de leur santé, à la bataille du charbon qui a permis à la France de se relever après la deuxième guerre mondiale et d’être aujourd’hui parmi les huit premières puissances économiques de la planète.

Nos mineurs, leurs familles, ne méritent pas, après la suppression de ce qui fut leur gagne-pain et leur fierté, d’être les laissés pour compte de la nation. Nous réclamons aujourd’hui et depuis longtemps, une profonde réforme des finances locales qui tienne compte de notre pauvreté, de nos besoins, et surtout de nos mérites.

Nous ne demandons pas l’aumône, nous réclamons la justice !
Au temps du gouvernement de la gauche plurielle, et même si les avancées ont été loin de nos attentes, nous avons obtenu quelques satisfactions. Ce fut le cas avec la création de la Mission du Bassin Minier, que je préside par ailleurs, et qui obtient déjà quelques bons résultats dans des domaines aussi divers que l’aménagement du territoire et notamment de notre patrimoine immobilier, dans ceux des procédures d’abandon de concession, de la santé, du patrimoine historique et des grands projets d’aménagement propres à amener chez nous des entreprises créatrices d’emplois dans un secteur redynamisé et reverdi.

C’est également le cas avec la création de l’Epinorpa maintenant sous le contrôle des élus, des syndicats et des locataires et qui oeuvrent avec la SOGINORPA, maintenant sous le vocable de « Maisons et Cités » à une meilleure rénovation de nos cités minières, dans le but de mieux tenir compte , à la fois des souhaits de mineurs ayants-droit et des locataires et des ambitions des municipalités dans le domaine de l’urbanisme et de la reconquête des sites et cités dégradés.

Le démarrage a été difficile. Il n’est pas facile en effet de revenir sur les habitudes souvent mauvaises héritées du passé, mais l’établissement est maintenant en ordre de marche et si les crédits GIRZOM alloués par l’état, sont versés en temps et en volume suffisants, notre population ne devrait pas tarder à voir la différence.

Des embellies donc, mais encore beaucoup de difficultés, difficultés que nous pourrons surmonter si notre population attachée par tradition à la notion de solidarité, serre les coudes au lieu de se créer des difficultés supplémentaires.

Solidarité entre les générations :

Contrairement à un passé assez récent, ce sont maintenant les anciennes générations, celles qui profitent d’une retraite maigre, mais bien méritée, aident les jeunes à s’en sortir.
Pas évident en effet, de fonder un foyer et de vivre dignement quand on est privé d’emploi et heureusement que pépé ou mémé sont là pour aider à payer les traites de la voiture ou remplir le frigo.
C’est l’une des raisons, pas la seule, que nos aînés méritent tout notre respect, toute notre aide aussi quand cela est possible.

Je trouve scandaleux que beaucoup de nos anciens n’osent plus sortir de chez eux, surtout après une certaine heure, de peur de se faire agresser, scandaleux qu’ils n’osent plus faire une remarque, le plus souvent de bon sens, de peur de se faire insulter.
« Ne fais jamais aux autres ce que tu n’aimerais pas que l’on fasse à toi même » dit le proverbe, et j’ajoute : Pense que cette personne agressée, insultée, spoliée dans ses maigres biens, pourrait être de tes grands - parents, de tes parents, toi-même un jour peut être.

Respect encore entre les personnes de différentes origines.
Notre bassin minier a accueilli, donné du travail et des conditions de vie meilleures, à de multiples personnes venues de pays étrangers, d’Europe ou d’Afrique, et leur intégration s’est toujours bien passée.

Solidarité et respect mutuel n’étaient pas de vains mots au sein de notre corporation minière, c’est bien connu dans tout notre pays, et même au-delà de nos frontières. Ce serait une catastrophe humaine de les reléguer au rang du souvenir.

La vie est difficile pour tout le monde, et ce n’est pas, par impatience voire par révolte, en créant des ennuis à son prochain, souvent dans une situation similaire, qu’on règlera ses propres problèmes.
Des problèmes, les personnes qui vivent de leur retraite, de leur salaire, de leurs allocations sociales, en ont bien assez.

Depuis les élections présidentielles et la nomination du gouvernement Raffarin, ils ne font que s’aggraver.

Mon sentiment est que c’est bien plus qu’un gouvernement de droite que nous avons à la tête du pays, mais bien un gouvernement de combat, à la solde, voire issu du grand patronat le MEDEF et qui s’occupe à sa façon de la France d’en bas.

L’UMP, traduisez « Union pour une Minorité de Privilégiés » comme dit mon ami Alain Bocquet, l’UMP et ses alliés centristes, ont un but clairement affiché : remettre en cause tous les acquis sociaux, gagnés de haute lutte par nos aînés ou par nous même pour améliorer les conditions de travail et de vie, des salariés et de leur famille.

Cela a commencé par la réorganisation de la sécurité sociale et des régimes de retraites, cela continue par la remise en cause de la réduction du temps de travail et des minima sociaux, l’encadrement strict des contrats emploi solidarité, consolidés, par la réduction drastique des emplois-jeunes et tout dernièrement par la remise en cause des allocations versées par l’UNEDIC.

Par contre, on fait gorge chaude des réductions d’impôts... mais à qui cela profite-t-il vraiment ? A vous qui n’en payez pas ?

Au salarié ou ménage de salariés qui paient 2 000€ d’impôts par an ? Ils auront effectivement un allègement de quelques dizaines d’euros. Par contre la réduction sera de quelques dizaines de milliers, voire bien davantage, pour les privilégiés de la fortune.

Et ne nous faisons pas d’illusions. Ce ne sont là que quelques ballons d’essai pour tâter la résistance des travailleurs manuels et intellectuels avant de porter des coups plus sévères, une fois les élections régionales et européennes passées ce ne sera plus le tango, mais la marche forcée.

Citoyens, citoyennes, cette situation découle directement du manque d’intérêt des classes laborieuses pour la politique et les élections.
Près ou plus de 50% d’abstentions, c’est inadmissible dans notre pays aux fortes traditions démocratiques.
Ne vous y trompez pas, les nantis, eux, ont et iront voter. On a vu, on voit le résultat.

Certes, beaucoup d’entre-vous ont été déçus par le manque d’ambition et de combativité du gouvernement de la gauche plurielle et ils n’ont pas tout à fait tort, mais il est temps de se ressaisir et de porter un coup d’arrêt à cette politique qui nuit à la grande majorité du pays.

Je m’adresse ici à des convaincus, je sais très bien que l’immense majorité d’entre vous n’a jamais boudé les urnes.
Mais il est aussi évident que dans votre entourage, ce n’est pas toujours le cas.

C’est pourquoi je fais appel à vous, et j’insiste, pour que vous deveniez des militants du civisme. Le droit de vote a été acquis de haute lutte par nos anciens, nous nous devons d’en user.

Si nous ne le faisons pas, ce sera une fois de plus les nantis qui auront gain de cause, et l’on voit ce que cela donne.

Sallauminoises, Sallauminois, invités, Chers Amis, je n’ai pas outre mesure, insisté sur, glorifié le travail inlassable des élus et des services sallauminois pour essayer de satisfaire les besoins, énormes, de nos populations, de nos sociétés locales.

La situation tendue au plan national comme sur le plan international d’ailleurs m’a un peu éloigné de notre clocher.

Il faut dire que l’année 2003 ne nous a guère gâtés. La guerre de Bush et Blair en Irak, que nous avons condamnée avec raison (il n’y avait pas d’armes de destruction massive, l’armée de Sadam Hussein et le pays étaient exsangues après la première guerre du golfe et l’embargo) n’a pas, même si elle a permis la fin d’une dictature, apportée aux irakiens ce qu’ils espéraient.

Quant à l’avenir de leurs richesses pétrolières ....

La canicule en France a montré à quel point la santé des personnes âgées comptait peu pour le président de la république et ses ministres.

La solidarité dont nous avons toujours fait preuve dans notre bassin minier, a permis d’épargner nos populations.

Maintenant, voici que l’épidémie de légionellose qui certes ne doit pas nous faire céder à la panique (les autorités préfectorales et les élus locaux ont pris toutes les mesures nécessaires afin de l’enrayer au plus tôt) a quand même démontré la criante insuffisance de nos moyens en matière de santé notamment.

Je l’ai redit avec force aux ministres qui ont fait le déplacement dans notre région.
Tout cela sur fond d’agression de nos conquêtes sociales, ne nous incite pas à l’allégresse qui devrait marquer ces fêtes de fin et de début d’année.

Mais je ne faillirai pas à mon devoir de remercier tous ceux qui travaillent avec nous et pour nous : les administrations et organismes qui nous accompagnent dans nos projets, notre personnel communal qui est rarement à la fête, les dirigeants bénévoles de nos sociétés locales sans lesquelles Sallaumines ne serait pas ce qu’elle est.

Eux savent très bien que malgré leur dévouement et leur désintéressement, ils sont plus souvent critiqués, attaqués que remerciés , alors qu’ils se dévouent pour les autres au détriment parfois de leur vie familiale. Les élus connaissent cela aussi.

J’ai bien conscience du fait que je n’ai pas été d’un optimisme délirant aussi voudrais-je terminer sur une note d’espoir.

Le philosophe chinois Confucius disait « la vie de l’homme dépend de sa volonté ; sans volonté elle serait abandonnée au hasard »
Ne laissons pas le hasard, et encore moins ceux dont les intérêts sont radicalement contraires aux nôtres réglementer notre vie.

« prends toi en mains c’est ton destin » disent des humoristes inconnus très connus.

C’est que je vous souhaite, nous souhaite de tout cœur.

Qu’espérons nous si ce n’est qu’un peu de bonheur. Ce n’est pas trop demander.

Du travail pour ceux qui n’en ont pas et pour tous une bonne dose de combativité agrémentée d’une santé à toute épreuve.

Meilleurs vœux de réussite pour vous mêmes, vos familles, vos sociétés. Que cette année 2004 se termine mieux qu’elle a commencé ! cela dépend de vous.

11 janvier 2004 (discours M. ROLOS)






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